En cette fin d’année, deux anciens boursiers de la Fondation publient des ouvrages issus de leurs recherches doctorales.
Intitulé « Prostitués » avant la lettre ? (1783-1922). Écrire les prostitutions masculines au XIXe siècle, l’essai de Nicolas Duriau est paru dans la collection « Masculin/Féminin dans l’Europe moderne » des Classiques Garnier. Ainsi que l’explique le Dr Duriau, il s’agit d’un « livre dont la réflexion m’aura occupé pendant près de sept ans (d’un projet de thèse de doctorat financé par le F.R.S. – FNRS à mon premier contrat postdoctoral auprès de la Fondation Wiener-Anspach, à l’Université d’Oxford) », en 2024-2025. Depuis septembre 2025, Nicolas Duriau est Chercheur postdoctoral en Études littéraires de genre à ENS Lyon. Plus d’informations sur ses recherches et publications sont disponibles ici.
Présentation de l’ouvrage
Le substantif masculin « prostitué », au sens actuel et courant, n’entre dans les dictionnaires qu’au début du XXe siècle ; or, dès le tournant des Lumières, de nombreux personnages de roman – des hommes – font commerce de leur corps. Dans cet intervalle, comment les écrivain·es d’expression française nomment-ils ou elles la prostitution masculine ? Ont-ils ou elles conscience de décrire un fait social innommé/able ? Le cas échéant, dans quel but esthétique, voire politique, ce phénomène a-t-il été illustré avant la lettre ? Répondant à ces questions à travers cent cinquante ans de discours littéraire, cette étude retrace l’évolution d’un personnage aux cent noms / sans nom, reflet des angoisses et des aspirations d’un XIXe siècle hanté par la faillite du Mâle.
Ahmed Hamila publie aux Éditions de l’Université de Bruxelles Sortir du placard, entrer en Europe La fabrique des réfugiés LGBTI en Belgique, en France et au Royaume-Uni, une analyse comparative de la situation des réfugiés LGBTI en Europe, au croisement de la sociologie, des études de genres et des migrations.
Boursier doctoral de la Fondation à l’Université d’Oxford en 2016-2017, Ahmed Hamila a réalisé sa thèse en cotutelle entre l’ULB et l’Université de Montréal, travail pour lequel il a reçu en 2020 le prix pour la meilleure thèse en sciences sociales attribué par l’Université de Montréal. Le Dr Hamila a bénéficié également d’un subside postdoctoral de la Fondation en 2020-2021, cette fois pour effectuer des recherches à l’Université de Cambridge. Il est aujourd’hui Professeur de Sociologie à l’Université de Montréal (voir sa page personnelle sur le site de l’université).
Présentation de l’ouvrage
Comment prouver que je suis gay ? C’est la question que se pose chaque demandeur d’asile persécuté dans son pays d’origine en raison de son orientation sexuelle et qui invoque ce motif pour obtenir le statut de réfugié en Europe. La particularité des demandes d’asile fondées sur l’orientation sexuelle tient à ce que le regard des juges porte moins sur la réalité des persécutions que sur la véracité de l’homosexualité des requérants : c’est donc l’homosexualité qui ouvre les portes de l’asile.
La réponse à cette question n’est pas aisée, car comme démontré dans ce livre, en Europe d’un pays à l’autre la conception de l’homosexualité et de ce qui constitue un « réfugié LGBTI » n’est pas la même, ce qui se matérialise par des critères différents pour établir la crédibilité des demandeurs d’asile et leur octroyer la protection internationale. En retraçant la fabrique de cette nouvelle catégorie de réfugiés en Belgique, en France et au Royaume-Uni, cet ouvrage propose d’identifier les facteurs qui expliquent que malgré le régime d’asile européen commun les critères pour octroyer le statut de réfugié aux demandeurs d’asile invoquant des persécutions du fait de leur orientation sexuelle diffèrent considérablement d’un pays à l’autre en Europe.
Conjuguant sociologie de l’action publique, études migratoires et études sur la sexualité, ce livre propose de disséquer le processus de catégorisation des réfugiés LGBTI en s’intéressant aux acteurs administratifs, associatifs et judiciaires du droit d’asile ainsi qu’à leurs interactions, apportant une contribution nouvelle aux débats autour des nationalismes sexuels.